Pieces of my mind

Loaléa

23 mai 2008

Doux flash

Flash doux. Couleur de vacances d’été. Soleil qui cogne la tête comme les papillons qui plissent le ventre. Gros plan sur son visage.
Ses yeux clairs, sa peau de sable. Un corps sec mais rassurant. Promesses de tendresse dans ses bras. Sa jeunesse, ses cheveux bouclés et son léger accent, comme une invitation au voyage.
Je le vois, dans un décor de sud. Le vent souffle dans ses cheveux. Il me sourit. Il m’attend, comme on attend le bonheur d’un coup de foudre. Un petit sourire qui en dit long.
De la timidité de son regard, la peur de lire un non de mes yeux. Envie réciproque de partager un peu d’amour, de goûter à l’innocence de son cœur, qui croît encore en l’espoir. Il m’en donnera peut-être un peu, de cette pureté, de cette gentillesse, de cet amour.
Sentiment étrange de pouvoir tout quitter pour lui ; pleurer s’il partait, de voir mon rêve s’effondrer. Tout quitter pour cette étincelle qu’il a au fond des yeux quand nos regard se croisent.
Et malgré tout, la peur de mal interpréter son sourire, le cœur prêt à lâcher.
Plus qu’une seule envie, s’avancer vers lui, dans ce décor paradisiaque, prendre ses mains et l’embrasser. Le faire goûter aux choses de l’amour. Tenir entre ses bras, m’enfuir au creux de son cœur. Tout quitter pour mon coup de foudre.

Le flash se termine, La nuit revient. Les stroboscopes ont remplacé le soleil, et le sud s’est enfuit en un écran de fumée blanche. Pleins de gens s’agitent autour de moi, dansent et parlent fort.
Il est là, à quelques mètres de moi. Il me sourit.

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12 février 2008

La bête

Et la bête sort
L
’homme aux yeux noirs ne pouvait s’y attendre
La bête aux yeux bleus à briser ses chaînes
Et rôde dehors

Et la bête rôde dehors
S’attaquant aux villageois inoffensifs
Arrachant leurs membres
Déchiquettant leurs cerveaux

Et la bête rôde dehors
Assoiffée de cadavres
Assoiffée de colère et de sang
Assoiffée de mort

Et la bête rôde dehors
Elle mord, frappe, apeure et tue
Ceux qui voudraient la sauver
Les âmes ne sont plus en paix

Et la bête rôde dehors
Voyant au travers de ses yeux bleus
Les cadavres qu’elle a fait
La mort qu’elle a semé

Et la bête pleure
Elle regrette de ne pouvoir disparaître
Laisser en paix le monde
Mourir à son tour

Et la bête rentre
Se cache sous le regard de l’homme aux yeux noirs
S’enferme dans sa prison mentale
Jusqu’à la prochaine nuit

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24 janvier 2008

Nadya

Des cachets plein le ventre et du sang sur les poignets, tu as décidé d’en finir. En finir avec ce monde lassant, abandonner la vie, dont tu n’as plus rien à attendre. Tu y penses depuis longtemps, tu as tout calculé. Tu sais exactement comment mettre en scène la dernière de ta vie.
Maquillée parfaitement, un peu plus que d’habitude, pour cacher les cernes de ta dépression, tu contemples une dernière fois ta maison. Sur le meuble prêt du lit, une photo de ton mari et de ton fils. Les souvenirs s’enchaînent, mais il est trop tard pour faire demi tour. Tu t’apprêtes à jouer ton ultime rôle.

Une fois sur le tabouret, tout devient différent. Une larme coule sur ta joue, tu repenses à ton fils. La corde autour du cou, les médicaments commencent a agir, lèvent tes derniers doutes. Tu te laisses tomber en avant ; la corde se tend.

Au réveil, tu es à l’hôpital. « La prochaine fois, je ne me raterai pas. »

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Son rêve

Allongée sur le dos, elle observe le plafond depuis quelques minutes. Ses yeux se crispent de temps à autre, comme pour aider son flash back mental. Elle repense aux rêves qu’elle avait il y a deux mois encore. Le rêve de toute jeune fille de son âge : devenir puissante, forte. Aujourd’hui, elle y est arrivée.
Elle songe à ses amis, à ceux qui l’avaient mise en garde, et à ceux qui étaient partis. Elle repense aux soirées qu’ils ont fait ensemble, au bonheur de les retrouvés à chaque fois, comme une renaissance. Coupure avec sa solitude. « Qu’ils aillent au diable ! » Aujourd’hui, elle de nouveaux amis, toujours là pour elle. Toujours là quand elle a de l’argent.
Elle est plus que ce qu’elle aurait espéré. Plus que les personnages de films qu’elle admirait tant, plus que son idole, plus qu’elle même. Elle flotte dans son monde, heureuse de son nouveau physique et de ses nouveaux tiques. Elle est grande aujourd’hui.
Elle ferme les yeux et soupire de bonheur.
Sur l’étagère en face du lit, il n’y a plus d’ordinateur. C’est dommage, elle aurait bien écouté un peu de musique. Elle parcours la pièce des yeux, les posters sont toujours là, un peu écornés. Le décor à tout de même changé, moins matérialiste qu’avant. Sur le mur prêt du lit, subsistent quelques photos. Une de lui ; l’espoir qui aurait pu l’empêcher de se transformer. Mais elle ne lui a pas donner de chance, trop peur de devenir dépendante.
Son regard s’arrête sur la table de chevet. Elle se redresse brusquement, comme réveillée par la vision qu’elle a eu. Son rêve s’est transformé en cauchemar. Son corps se mets en branle, comme une alerte. Il faut qu’elle sorte, elle a besoin de voir ses amis ; le sachet sur la table de chevet est vide.

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04 janvier 2008

My child

Je te vois courir vers moi, le sourire au lèvres. Je suis si fière de toi, de moi, de lui. La plus belle réussite de ma vie ; celle que j’attendais. Je t’ai cherchée si longtemps, je ne t’imaginais pas comme ça… Tu es la fille que j’attendais, même si je me le suis toujours caché. L’amour de ma vie, mon plus bel essai, mon chef d’œuvre.
Ta bouille réjouie, qui m’annonce que tu as un cadeau pour moi ; je pense en moi même que mon seul cadeau c’est toi. Un dessin ; « maman, c’est toi là avec ta belle robe ». Tes petits bras autour de mon cou, je te tiens contre mon cœur, dans mes bras, bien serrés pour que jamais tu ne tombes. Ton regard encore si pur, qui me réchauffe le moral sans même que tu ne t’en rende compte… Cette pureté que je ne veux pas voir se voiler, par des expériences hasardeuses, celles que j’ai pu faire.

Assise devant l’hôpital, je te regarde t’éloigner, emmenant avec toi la dernière once de pureté qui me restais. Je m’étais juré que je te protègerais de tous les dangers de ce monde. C’est sans doute mieux comme ça.
Une larme coule sur ma joue. Au travers, je te vois pour la dernière fois, tes yeux purs, tes beaux cheveux, ton visage, le mien enfant. Je me lève et te tourne le dos. Le bus m’attends pour rentrer à la maison, le bas du ventre vidé de toi.

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03 janvier 2008

Renaissance

Je veux y croire. Comme une lueur d’espoir née de nos regards qui se croisent. Je veux y croire, à son souffle que se coupe, à ses doigts contre les miens, tout doucement.
Le cœur explose à l’intérieur, comme d’un trop plein d’émotion, ce quelque chose au fond des yeux, qui me fait rêver.
J’imagine déjà les longues heures en train pour aller le voir, les papillons dans le ventre en pensant à son sourire ; le soir m’endormir au creux de ses bras, écouter son cœur qui bât.

Imperfect_20Kiss

J’ai perdu l’habitude d’y croire à ce point, à la douceur d’un homme, au goût de sa peau, à mon ventre qui se noue.
Susurrer quelques mots à son oreille devient une évidence ; mais la force manque.
J’espère qu’il le lira dans mes yeux

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11 décembre 2007

Erzébeth

Je les observes. De ma fenêtre, je peux les voir, ramassant du bois, encore et encore, de leurs belles mains, dans leurs habits sales et défaits. Moi je n’ai jamais eu a porté ce genre d’habits. Ma famille est trop riche pour que je subisse cet affront.
A la porte, Darko et deux gardes se couvrent, se préparent à partir vers le bois. Leurs pas sont lents, la neige choquent contre leurs corps, les empêche presque d’avancer. Ils disparaissent à l’orée du bois.
Je me tourne et m’éloigne de la fenêtre. Ma longue robe rouge traîne par terre. Mon corsage me serre, a tel point que mon souffle parfois ce coupe, embrumant pour quelques instants ma tête. Je m’allonge sur le lit. Déjà je m’imagine la cérémonie de ce soir ; Illona et Darvullia à mes cotés, aller chercher les filles, le bruit des cadenas qui s’entrechoquent, les cris, les pleurs, et les gémissements.
La jeunesse éternelle s’offrira une fois de plus à moi ce soir…
Je me sens si belle, si jeune, resplendissante. Tous les hommes à mes pieds. Je contrôle ma destinée. Je suis prête à en payer le prix.

Je cours dans les bois. Il me suis. Ses cheveux blonds se baladent sur son dos. Je me retourne pour mieux le contempler. Il est beau et jeune comme moi. Il me rattrape. Je ris aux éclats en continuant ma course. Je sens se mains autour de ma taille. Il me prend dans ses bras et m’allonge par terre. Son corps sur le mien comme beaucoup de fois. Son regard dans le mien, ses yeux qui brillent. Il est amoureux.
Mon visage se reflète dans ses yeux. Un visage jeune et frais. Je ferme les yeux alors que sa bouche galope sur mon corps. Je pense à mon mari, en chasse. J’ai la vie devant moi, malgré tout…

Les chiens aboient ; j’ouvre les yeux. Le jeune homme a disparu. Les bois se sont changés eux aussi.
La porte de ma chambre s’ouvre ; c’est Darko.
_ « On en a trois. On vous attend Comtesse. »

bloodbath

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05 décembre 2007

J'étais là, dans cette rue, à la regarder. Elle qui d'habitude me sourit, elle qui d'habitude est si joyeuse. Elle; ni plus, ni moins.
Ses larmes perlent encore sur ses joues. Ses yeux m'interrogent:
-"Mais pourquoi t'as fait çà? On aurait pu trouver des solutions. On aurait réussi ensemble. Toi et moi... Pourquoi tu ne nous as-tu pas laissé une chance?
-Tu as toujours été naïve. Ton optimisme... la mort est notre seule solution; celle que je nous offre."
Elle me fixe. Je ne la supportais plus. Ses envies d'ailleurs, son coeur d'artichaud, son bonheur illusoire. Tous les jours son regard dans le miroir, son petit sourire me narguait.
-"Tu m'as imposé ton bonheur, mais aujourd'hui, je t'impose mon malheur. A quoi servirait de vivre? N'essaye plus de te battre. Fais comme moi, acceptes la paix."
Ses larmes comme des étoiles brillent sur son visage; son corps encore chaud. Dans la fraîcheur et l'ombre de cette rue; je regarde une dernière fois ce visage. Du sang s'échappe de ces poignets et coule vers le sol comme mon âme vers l'enfer.
Je suis délivrée

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Unsane night

Je deviens folle.

J’imagine encore son corps contre le mien
M’oppressant de l’intérieur,
M’opposant à mes démons
Il ignore encore tout de ma venu
J’étais pourtant venue pour lui dire
Dire que je lui avais mentis


Ses doigts entrent en moi comme une évidence
Doux et forts
Comme ces mots qu’il susurre à mon oreille
Son bras contre mon ventre

Je me recroqueville contre lui

Me plis à mon propre caprice

J’étais venu lui dire la vérité
Lui avouer

Que cette relation n’était pas saine

Mais peut-être avais je juste envie

De le sentir en moi

Grappiller mon espace

« C’est ça qui est génial »

C’est la fièvre au corps que je lui demande d’arrêter

Comme je le fais à chaque fois

Quand il me brûle trop fort

Qu’il me fait trembler

Qu’il me fait m’abandonner

Mais c’est ma conscience qui lui demande aujourd’hui.

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10 octobre 2007

C'est bizarre, comme une impression de vécu, quand je m'approche de ton monde, impression de te connaître, impression de miroir, de parallèle...

Je viens de visiter ton blog, le lire ligne a ligne, sans pouvoir réellement être bouleversée. Sans pouvoir exprimer un sentiment humain; mis à part ce sentiment miroir.

J'arrive pas à comprendre ton malaise, mais je l'imagine très bien. Une peine immense au fond de ce qui te reste de cœur, mais tout de même innommable.

Apprendre à ce connaître n'est peut-être pas la solution, ou peut-être serait-il trop facile de s'accrocher à une solution si simple et illusoire.

Pour moi, il n'y en a qu'une, mais encore, samedi soir, malgré une bouteille de muscat vidée et 4 comprimés de Bromazépam, elle n'a pas voulu de moi...

http://geneseduneant.canalblog.com/

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