Pieces of my mind

Loaléa

04 mars 2009

Un après midi à Nantes

Un petit tour en ville; Nantes, ma capitale. Plus belle ville du monde ; son château, sa cathédrale, milliers de cœurs qui battent en flânant. Ses immeubles penchés, ses petites ruelles, ses statues et ses âmes perdues. Ames perdues comme moi que je croise d’habitude sans prendre le temps de voir. Juste une envie pour une fois, de prêter attention à cette ville, unique et magnifique. Juste un après midi à Nantes, pour me vider la tête de trop de pensées obscures et indues…

Première escale, le petit parc à la fontaine, où les hommes seuls attendent. Une femme, un homme, l’alcool, la mort ; une relation non conventionnelle. Là où j’imagine, les toillettes publiques ne désemplissent pas. Va et vient des corps d’hommes, ils se saignent et pleurent leurs peines, à la tombée de la nuit ; ou simplement se retrouvent et partagent ensemble un peu de leurs bouteilles et de leurs problèmes.
Et ma seule compagnie, deux pigeons au col violet et à la gorge verte me reflète encore ma solitude. Ils tournent autour de moi comme les hommes autour de l’amour ; peur du rejet ou peur d’y prendre goût peut-être. Mais je n’ai rien à leur donner à manger…

Un peu de sérénité, un besoin de calme. Envie de respirer ; une petite pause au jardin des plantes. J’y arrête même mon lecteur mp3 ; juste pour profiter du chant des oiseaux et de l’odeur de la nature. Visiblement, je ne suis pas la seule. Sur chaque banc du parc, une personne contemple en silence les arbres hauts et les bourgeons des buissons. Sur la maigre étendue d’eau , un canard se promène, délivrant la mare de son trop grand calme. J’observe les cercles d’onde qu’il fait apparaître. De plus en plus grands mais qui s’estompent comme les sentiments.
A quelques pas de là, perchée sur son socle de béton, une femme nue me regarde. Elle a l’air de s’ennuyer, son regard est immobile, comme le prolongement de son cœur de pierre. Peut-être s’est elle endormie sous le chant des oiseaux et la douce mélodie u vent qui passe dans les arbres ? Ou peut-être st elle morte de désespoir à force d’observer sans pouvoir agir tous ces jeunes amoureux qui s’embrassent sans pudeur sous son nez ? Elle a dû repenser à celui qu’elle a rencontré des années auparavant dans ce même parc, et à leur premier baiser sur ce banc. Mais de ces hommes qui se sont succédés sur ce banc il ne reste  que du chagrin et de la peine et son cœur s’est changé en pierre. Elle est maintenant condamnée à observer ceux qui s’aiment de son regard froid et distant.

Toujours autant de fascination mystique pour les lieux sacrés, quels qu’ils soient. Les églises ont notamment ce côté étrange et paradoxal ; de hauts plafonds, visibles mais intouchables, à l’image de dieu. Partout la mort est représentée, par des statues qui n’ont jamais vécues. Leurs yeux grands ouverts malgré tout, leur expression menaçante derrière leur regard vide. A côté d’elles, de grands panneaux de couleurs, de belles promesses d’un monde meilleur. Crois ou crains. De même, la surprise de voir des statues noires dans un lieu représentant une histoire trop pâle. La clarté des vitraux, mais tant de barreaux. La religion est elle la prison de l’âme ? Serait elle là pour nous empêcher d’ouvrir nos esprits sur l’extérieur ? Serait-elle là pour nous préparer à la mort, ou plutôt nous empêcher de vivre ?
Dehors, le soleil s’est un peu voilé.
Talk Talk chante ‘such a shame’. Etrange coincidence ou profession divine? Non, juste le random de mon mp3. La ville m’ouvre les bras.

J’aime à m’asseoir à côté du skate park de l’Hotel Dieu. Et non, les skateurs ne sont pas mort ; ils ont juste un peu changer d’esprit, et de fringues. Plus de baggy, mais des pantalons slim bien descendu sur de grosses chaussures de skate. Etrange look, enfin différent de celui que j’ai connu à une certaine époque. Un peu d’espoir tout de même émane d’un tee shirt Couvre feu 2008.
En toile de fond, la mort probable et la souffrance. La peur soudain en moi s’invite à nouveau. A trop vivre, on finit par mourir. Il va falloir que je m’y rende un de ses jours, offrir un peu de sang à la science et espérer sauver mon corps. Et si le manège s’arrêtait ?
Soudain la sensation bizarre mais si bien connue, je ne pense plus qu’à lui. Et merde, ça recommence. Les jambes qui tremblent, le ventre qui chauffe et l’envie de l’appeler, de le voir d’y goûter. Désir de son corps contre le mien, encore et encore, l’entendre se fracasser contre moi. Mordre dans la vie, saliver de plaisir pour finir recroquevillée sur moi même. La voix brisée et la bouche sèche.
Ou entendre ses mots si dégradants et si sales qui me collent à la peau. Réplique d’Octave Parango « Je suis sur que si tu te laissais juste un peu embrasser… » Sensation de crasse mais de jouissance, de saleté mais de délivrance, de regrets latents. Et ses appels, encore et encore, comme si il était amoureux et passionné de ce corps que je lui ai céder. L’obsession au creux de mon ventre de vouloir le sentir, plus profond et plus loin. De pire en pire…
… pour en revenir à la peur du verdict. Coincidence encore, la bo de Requiem for a dream.

Pour calmer un peu mes pulsions, je franchis le seuil d’une autre église. Sur les bancs, une vingtaine de fidèles prient. Quatre religieuses les encadrent, vêtues de blanc et de gris. Je réalise que tout ces gens croient vraiment en cette cause ; dieu : et l’implore de les aider. Par curiosité, je tourne les pages du recueil de pensées devant moi. De nombreuses prières pour les proches ou pour la santé, pour que les petits soucis et autre problèmes superficiels disparaissent. Il est facile d’appeler dieu quand on est dans la merde. D’autres textes, plus altruistes et moins égocentriques demande l’aide de dieu pour arrêter la faim dans le monde, ou pour que les maladies les plus cruelles soient enfin soignées. Enfin d’autres écrits font l’éloge de Dieu avec un grand D. C’est assez troublant de voir qu’autant de personne sont prêtes à offrir leurs âmes et leurs vies à une chose qui n’existe pas. Il paraît que ça s’appelle la foi…
Peut-être devrais-je y croire moi aussi, ou remercier dieu d’être encore en vie après ce qui m’est arrivé. Je devrais y voir un signe divin, genre je dois faire quelque chose de ma vie. Si dieu m’a épargné, c’est sans doute qu’il a besoin de moi pour accomplir quelque chose. J’ai un destin devant moi, ou plutôt une destinée. Aujourd’hui, je devrais voir dieu dans chacun de mes pas. Mais en vérité, je regrette qu’on n’est pas retrouvé mon corps inerte dans cette grange…

Ma dernière escale, passage Pommeraie, juste pou la beauté du lieu et pour le plaisir de regarder les gens passer.
Les gens passent, c’est même tout ce qu’ils font, leur regard n’a pas le temps de s’attarder sur la beauté de ce lieu. Les moins pressés laissent traîner leurs yeux sur les vitrines des magasins. Ils semblent blasés de vivre dans une si belle ville et si riche culturellement. C’est impressionnant autant d’indifférence.
Les pétasses marchent, portable à l’oreille, sourire aux lèvres ; sans doute leur mec qui les appelle, ou leur soit disant meilleure copine pour leur apprendre qu’elle a trouver des chaussures trop top. Se sont toutes des copies de copies de copies. Toutes habillées pareil, pas d’excentricité, pas de signes distinctifs. Les magasins et les magazines leur apprennent à se fondre dans la masse pour mieux se faire remarquer par celui qui partagera leur vie sans se poser plus de questions.
Les couples passent, main dans la main, en harmonie totale à deux, légèrement décalés par rapport au reste de la foule. Leurs pas sont plus sur, plus posés, plus sereins. La vie a l’air plus douce quand on est deux.
Et puis il y a les hommes. Les mecs, les garçons. Peu importe leur look ou leur taille ; Sur chacun d’eux un détail m’attire. Comme si en chacun d’eux une chance d’être heureuse existait. Un sourire, un bonjour ou un regard suffirait à faire renaître mon cœur, mais hélas, je suis toujours seule, à les observes, sans me faire remarquer…

Posté par chouquette à 00:25 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

tres belle nouvelle mais un peu arde , parcontre pour un inconnu de nantes cela lui fait voyager

Posté par clemence, 26 mai 2009 à 22:57

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