05 novembre 2009
Evidence
Il y a tes mains sur moi,
Tes lèvres, tes doigts
Il y a cette passion qui se creuse juste là
Tu ne la sens pas ?
Approches un peu, je ne mords pas
Que ressens-tu quand je fais ça ?
Que ressens tu quand tu me vois ?
Tu as envie de moi ?
Maintenant tes mains sont sur moi
Tes yeux qui me foudroient
Toute la haine que tu me renvoies
Toute cette peine au bout des doigts
Tu te glisse au bon endroit
M’embrasse comme pour la première fois
Je pourrais crever à ce moment là
Crever d’être tenue contre toi
Quoi ? Tu t’arrêtes déjà ?
Tu ne peux pas me laisser comme ça
Baises moi, putain ! Baises moi!
Juste une dernière fois
Et là tu y vas
Jouissance au plus profond de moi
Cris de plaisir d’un corps en émoi
Cris de douleur d’un cœur qui se noie
Et tu creuses, forces, aboies
Ces ordres sans foi ni loi
Et tu jouis au fond de moi
Tu m’aimes dis moi ?
Achèves-moi, mords-moi, bats-moi
Ne me laisse pas repartir comme ça
Pleine de vide, pleine de toi
Ne me laisse pas survivre après ça
Le regard vide, le tien si froid
Mon corps sali, malade, ingrat
Mon cœur mort de honte à cause de toi
Ne peut guérir, tu ne m’aimes pas.
Eat me, Drink me; M. Manson
19 juillet 2009
Malaise adolescent
De ce bourdonnement dans ses oreilles naît une sensation bien connue : asphyxie lente sur mélodie triste replante le décor du mal-être adolescent. La tête cotonneuse, le ventre noué, l’amour déchu à chacun de ses pas. Les cordes de guitares se relâchent et l’étrange envie de disparaître se tend. La créature renaît lentement, à chaque mot, chaque pas, elle ressort.
Fruit d’un cœur meurtri, unique réponse d’un corps qui refroidi, la sœur siamoise vêtue de noir traverse à nouveau le couloir. Ses dentelles sont un leurre et sous ses corsets se cache des blessures. Le corps cicatrise mieux que le cœur et les tâches sur ses manches partent à la machine.
Elle plonge dans l’obscurité de sa chambre de lycéenne. La sœur siamoise efface son sourire. Le mascara coule et la transforme en clown mortuaire.
Le brouillard sur ses yeux et la froideur de sa peau la bride, malgré la chaleur des cœurs qui battent autour d’elle. Comme tant de fois par le passé, son esprit se bloque. Une envie, une besoin, une solution. L’obsession de la sœur ressort lentement.
La vie autour n’y changera rien et toutes ces années ne l’ont pas guéri ; elle veut mourir.
Sleeping with ghosts
04 mars 2009
Un après midi à Nantes
Un petit tour en ville; Nantes, ma capitale. Plus belle ville du monde ; son château, sa cathédrale, milliers de cœurs qui battent en flânant. Ses immeubles penchés, ses petites ruelles, ses statues et ses âmes perdues. Ames perdues comme moi que je croise d’habitude sans prendre le temps de voir. Juste une envie pour une fois, de prêter attention à cette ville, unique et magnifique. Juste un après midi à Nantes, pour me vider la tête de trop de pensées obscures et indues…
Première escale, le petit parc à la fontaine, où les hommes seuls attendent. Une femme, un homme, l’alcool, la mort ; une relation non conventionnelle. Là où j’imagine, les toillettes publiques ne désemplissent pas. Va et vient des corps d’hommes, ils se saignent et pleurent leurs peines, à la tombée de la nuit ; ou simplement se retrouvent et partagent ensemble un peu de leurs bouteilles et de leurs problèmes.
Et ma seule compagnie, deux pigeons au col violet et à la gorge verte me reflète encore ma solitude. Ils tournent autour de moi comme les hommes autour de l’amour ; peur du rejet ou peur d’y prendre goût peut-être. Mais je n’ai rien à leur donner à manger…
Un peu de sérénité, un besoin de calme. Envie de respirer ; une petite pause au jardin des plantes. J’y arrête même mon lecteur mp3 ; juste pour profiter du chant des oiseaux et de l’odeur de la nature. Visiblement, je ne suis pas la seule. Sur chaque banc du parc, une personne contemple en silence les arbres hauts et les bourgeons des buissons. Sur la maigre étendue d’eau , un canard se promène, délivrant la mare de son trop grand calme. J’observe les cercles d’onde qu’il fait apparaître. De plus en plus grands mais qui s’estompent comme les sentiments.
A quelques pas de là, perchée sur son socle de béton, une femme nue me regarde. Elle a l’air de s’ennuyer, son regard est immobile, comme le prolongement de son cœur de pierre. Peut-être s’est elle endormie sous le chant des oiseaux et la douce mélodie u vent qui passe dans les arbres ? Ou peut-être st elle morte de désespoir à force d’observer sans pouvoir agir tous ces jeunes amoureux qui s’embrassent sans pudeur sous son nez ? Elle a dû repenser à celui qu’elle a rencontré des années auparavant dans ce même parc, et à leur premier baiser sur ce banc. Mais de ces hommes qui se sont succédés sur ce banc il ne reste que du chagrin et de la peine et son cœur s’est changé en pierre. Elle est maintenant condamnée à observer ceux qui s’aiment de son regard froid et distant.
Toujours autant de fascination mystique pour les lieux sacrés, quels qu’ils soient. Les églises ont notamment ce côté étrange et paradoxal ; de hauts plafonds, visibles mais intouchables, à l’image de dieu. Partout la mort est représentée, par des statues qui n’ont jamais vécues. Leurs yeux grands ouverts malgré tout, leur expression menaçante derrière leur regard vide. A côté d’elles, de grands panneaux de couleurs, de belles promesses d’un monde meilleur. Crois ou crains. De même, la surprise de voir des statues noires dans un lieu représentant une histoire trop pâle. La clarté des vitraux, mais tant de barreaux. La religion est elle la prison de l’âme ? Serait elle là pour nous empêcher d’ouvrir nos esprits sur l’extérieur ? Serait-elle là pour nous préparer à la mort, ou plutôt nous empêcher de vivre ?
Dehors, le soleil s’est un peu voilé. Talk Talk chante ‘such a shame’. Etrange coincidence ou profession divine? Non, juste le random de mon mp3. La ville m’ouvre les bras.
J’aime à m’asseoir à côté du skate park de l’Hotel Dieu. Et non, les skateurs ne sont pas mort ; ils ont juste un peu changer d’esprit, et de fringues. Plus de baggy, mais des pantalons slim bien descendu sur de grosses chaussures de skate. Etrange look, enfin différent de celui que j’ai connu à une certaine époque. Un peu d’espoir tout de même émane d’un tee shirt Couvre feu 2008.
En toile de fond, la mort probable et la souffrance. La peur soudain en moi s’invite à nouveau. A trop vivre, on finit par mourir. Il va falloir que je m’y rende un de ses jours, offrir un peu de sang à la science et espérer sauver mon corps. Et si le manège s’arrêtait ?
Soudain la sensation bizarre mais si bien connue, je ne pense plus qu’à lui. Et merde, ça recommence. Les jambes qui tremblent, le ventre qui chauffe et l’envie de l’appeler, de le voir d’y goûter. Désir de son corps contre le mien, encore et encore, l’entendre se fracasser contre moi. Mordre dans la vie, saliver de plaisir pour finir recroquevillée sur moi même. La voix brisée et la bouche sèche.
Ou entendre ses mots si dégradants et si sales qui me collent à la peau. Réplique d’Octave Parango « Je suis sur que si tu te laissais juste un peu embrasser… » Sensation de crasse mais de jouissance, de saleté mais de délivrance, de regrets latents. Et ses appels, encore et encore, comme si il était amoureux et passionné de ce corps que je lui ai céder. L’obsession au creux de mon ventre de vouloir le sentir, plus profond et plus loin. De pire en pire…
… pour en revenir à la peur du verdict. Coincidence encore, la bo de Requiem for a dream.
Pour calmer un peu mes pulsions, je franchis le seuil d’une autre église. Sur les bancs, une vingtaine de fidèles prient. Quatre religieuses les encadrent, vêtues de blanc et de gris. Je réalise que tout ces gens croient vraiment en cette cause ; dieu : et l’implore de les aider. Par curiosité, je tourne les pages du recueil de pensées devant moi. De nombreuses prières pour les proches ou pour la santé, pour que les petits soucis et autre problèmes superficiels disparaissent. Il est facile d’appeler dieu quand on est dans la merde. D’autres textes, plus altruistes et moins égocentriques demande l’aide de dieu pour arrêter la faim dans le monde, ou pour que les maladies les plus cruelles soient enfin soignées. Enfin d’autres écrits font l’éloge de Dieu avec un grand D. C’est assez troublant de voir qu’autant de personne sont prêtes à offrir leurs âmes et leurs vies à une chose qui n’existe pas. Il paraît que ça s’appelle la foi…
Peut-être devrais-je y croire moi aussi, ou remercier dieu d’être encore en vie après ce qui m’est arrivé. Je devrais y voir un signe divin, genre je dois faire quelque chose de ma vie. Si dieu m’a épargné, c’est sans doute qu’il a besoin de moi pour accomplir quelque chose. J’ai un destin devant moi, ou plutôt une destinée. Aujourd’hui, je devrais voir dieu dans chacun de mes pas. Mais en vérité, je regrette qu’on n’est pas retrouvé mon corps inerte dans cette grange…
Ma dernière escale, passage Pommeraie, juste pou la beauté du lieu et pour le plaisir de regarder les gens passer.
Les gens passent, c’est même tout ce qu’ils font, leur regard n’a pas le temps de s’attarder sur la beauté de ce lieu. Les moins pressés laissent traîner leurs yeux sur les vitrines des magasins. Ils semblent blasés de vivre dans une si belle ville et si riche culturellement. C’est impressionnant autant d’indifférence.
Les pétasses marchent, portable à l’oreille, sourire aux lèvres ; sans doute leur mec qui les appelle, ou leur soit disant meilleure copine pour leur apprendre qu’elle a trouver des chaussures trop top. Se sont toutes des copies de copies de copies. Toutes habillées pareil, pas d’excentricité, pas de signes distinctifs. Les magasins et les magazines leur apprennent à se fondre dans la masse pour mieux se faire remarquer par celui qui partagera leur vie sans se poser plus de questions.
Les couples passent, main dans la main, en harmonie totale à deux, légèrement décalés par rapport au reste de la foule. Leurs pas sont plus sur, plus posés, plus sereins. La vie a l’air plus douce quand on est deux.
Et puis il y a les hommes. Les mecs, les garçons. Peu importe leur look ou leur taille ; Sur chacun d’eux un détail m’attire. Comme si en chacun d’eux une chance d’être heureuse existait. Un sourire, un bonjour ou un regard suffirait à faire renaître mon cœur, mais hélas, je suis toujours seule, à les observes, sans me faire remarquer…
14 décembre 2008
Envie d'elle
J’ai envie d’elle. Juste envie d’elle. Qu’elle me prenne et me manipule comme elle le fait avec tout le monde. J’ai juste envie de sentir sa chaleur tout contre moi, avant de trouver à nouveau le froid du sol.
J’ai envie d’elle.
Ma main glisse sur mon start-air et mon moteur démarre. C’est parti pour la course au plaisir, en l’attendant. Je veux qu’elle vienne me chercher… J’imagine la tendresse de son corps, la beauté de ses yeux, la joie de m’endormir dans ses bras. J’accélère pour qu’elle sente à quel point j’ai envie d’elle. Je ne peux plus attendre qu’elle se décide, j’ai envie d’elle tout de suite.
Je repense aux hommes, à leurs mains et les bleus qu’ils ont laissé sur mon cœur. Je me demande ce qu’ils vont en penser, une fois la nouvelle apprise… Je n’ai plus besoin d’eux ; c’est elle que je veux.
J’accélère encore, pour trouver plus de sensations, plus de plaisir, pour arriver à elle. Le moindre mouvement peut tout faire foirer, alors je me concentre, attend le moment propice. Mes larmes coulent à présent, je n’ai jamais ressenti une telle délivrance, un tel plaisir…
Mon corps s’est soudain soulevé, ma tête a roulé dans tous les sens, puis s’est arrêtée. Apparaissant dans le brouillard de mes yeux, elle est enfin arrivée. Tel un ange sur cette terre, elle me prend dans ses bras et me fait m’envoler.
Mon âme s’élève au dessus de la scène. Autour de moi, les pompiers peinent à sortir mon corps de la voiture. Le choc à été trop violent, ils n’ont rien pu faire.
J’avais juste envie d’elle…
Petite mort
Les gens parlent et leurs voix bourdonnent dans mes oreilles. En toile de fond, des bouteilles vides, des cendriers pleins, méandres de la veille. Tel des ruines, les gens refont la soirée, discutent des évènements et rient aux éclats. Tout s’est encore passé trop vite, comme tous les moments de bonheur éphémères de ma vie. Discutions et embrassades ; amitié faites et vite défaites. Le plaisir facile de la fête et de l’abus. Alcool et drogue laisse un goût amer dans ma bouche, j’ai trop profiter hier ; ma tête s’embrume à présent…
Et là l’impression de ne plus exister, de ne plus vivre, meuble dans ce tableau animé, l’impression de faire partie du décor. Juste les battements de cœur donnent le rythme de ma déchéance.
Le temps a fuit entre mes doigts, jusqu’à l’instant t. Cet instant de réalisation ; mon cœur est encore une fois tombé. Ca s’est passé si vite que je ne m’en suis pas rendu compte. Le coup de foudre bête et facile sur ce garçon si parfait. Le coup de foudre sur l’opposé est encore inutilement arrivé.
Il a suffit d’un regard, d’un battement de cil pour créer l’étincelle. Il m’a parlé, comme il me parle de temps à autre, comme toujours. Il m’a sourit et j’ai compris. Il m’a conquis, sans le vouloir il m’a conquis. Je le réalise maintenant
Je réalise que je suis morte, encore une fois. Je suis morte pour ce garçon quand il m’a parler de sa copine, de ce qu’il a fait avec elle. Je suis morte encore un fois, pour un garçon amoureux mais pas de moi
Je lève les yeux, inutile de le nier. C’est juste une petite mort de plus. Cette phrase se répète dans ma tête, comme la bande son de ce matin.
Juste une petite mort…
16 août 2008
Pornographie
Ca va ca vient
Encore une fois
Une danse macabre
Issue de nul part
Un corps, un autre
Ils vont et viennent
Comme une danse païenne
C’est partout et tout le temps
Devant nos yeux
Dans mes yeux
Sur la peau
Le désir de croire
Le désir d’aimer
Et de s’abandonner.
Le plaisir des figures
Acrobaties de la chaire
Envie folles mises en lumière
Le paradis sur terre
Dans la bouche
Dans le cœur
Un intense goût de sueur
L’abandon total
Des formes et des couleurs
Un mélange parfait
Une solution pour ne plus souffrir
Vivre a fond les sensations
Partenaires multiples
S’ouvrir tel un disciple
Enterrer sa santé
Mettre en parenthèse sa vie
Se donner jusqu’à recevoir
Jouir sans nuances
Meurtres sur les corps
Ne pas se ménager
Ne pas se réveiller
Et repartir
Découvrir d’autres corps
Escalader de nouveaux monts
Vibrer dans toutes les positions
Enfler d’autres façons
Se mélanger pour fuir
S’oublier et jouir…
Plus que de la pornographie,
De l’art
19 juillet 2008
Instant d'été
Et en un regard, savoir. Ses yeux dans les miens, autour de la piscine. En un regard,savoir comment ca va se passer, ce que ca va donner. Juste un regard pour connaître à nouveau l’espoir.
Un coup de soleil sur le cœur, un coup de chaud dans la tête, insolation de sentiments bercés par le bruit des enfants qui s’amusent.
Quelques paroles timides, moins crues et directes qu’en temps normal, juste pour croire que c’est différent.
Et le soleil qui tape, la chaleur qui monte sur mes joues. De jolies couleurs parfumées sur la peau ; du rose sur mon cœur, déjà y croire.
Parler de tout et de rien, avec des mots inutiles, juste pour retarder l’instant T. Et puis se taquiner un peu, en faisant attention de ne pas blesser, en veillant bien à la complicité dans le regard de l’autre.
S’approcher par paliers ; plaisanter plus franchement, tout en complimentant. Toujours le regard du soleil qui pétille dans le mien. Un bras autour de la taille, rapidement enlevé par peur de précipiter les choses.
Et le rose qui me monte aux joues. Le désir existe, emmêle les sentiments, il joue des tours au cœur, à force d’attendre, l’espoir s’ancre au plus profond de la peau, comme les UV du soleil.
Et puis les contacts plus sensuels et longs, les premières remarques des amis. Le coup de foudre dévoilé par nos regards trop insistants.
La gêne s’installe, de faire autant attendre le désir, de le laisser planer. Retarder au maximum l’instant T pour mieux e profiter une fois venu.
Sous l’odeur du monoï et du chlore, un premier rendez-vous est fixé ; un premier rendez-vous qui n’en a pas l’air, avec les autres, pour le soir même
Il part
Et la commence l’attente, sous les commentaires des amies ; puis viennent les coups de rimel ; se faire belle comme dans un film
Le soir venu, le ventre n’en peux plus. Les papillons en cage à l’intérieur coupent l’appétit, brûlent le cœur, me mettent à fleur de peau. On attend la douce la douce euphorie de l’instant T, en discutant de tout et de rien.
Et puis il arrive. La cage s’ouvre et les papillons s’envolent. On n’a jamais été aussi proche de mon cœur. Discuter un peu, de choses et d’autres, toujours sous cette lourde et chaude atmosphère du coup de foudre en attente. Marcher vers la plage pour regarder ensemble la lune danser au dessus de l’océan.
Faire attendre encore, faire attendre un peu plus, jusqu’à la délivrance.
Il s’est assis à coté de moi, me parle de lui, s’interromps pour me montrer les étoiles filantes du bout des doigts. A chaque mouvement on se rapproche un peu plus. L’air de rien, il passe son bras derrière mon dos et continue à me parler. Nos têtes se tournent l’une vers l’autre. Nos regards se plongent l’un contre l’autre.
Sous un ciel dégagé, la lune et les étoiles assistent à notre premier baiser.
L’instant T.
23 mai 2008
Smoke
La fumée sort de sa bouche, comme le jugement de l'esprit sur le corps. Encore une bouffée recrachée une bouffée qui tangue calmement jusqu’à son esprit. L’esprit vibre ; son cerveau réfléchit encore, à la lueur d’une vérité enfumée.
Les expériences défilent dans sa tête ; les souvenirs puis les interrogations. Quel sens a la vie? Pourquoi elle agit ainsi ? Comment s’en sortir ?
Elle tire plus fort sur le pet. Pas encore assez défoncée. Affamée, mais aucun aliment ne passe. De la fumée pour oublier.
Et malgré tout, les questions continuent ; plus profonde encore, l’esprit gratte l’âme, encore plus loin. Palpitations, la sentence approche. Il lui faut plus de fumée, une fumée dense, qui cacherait pour un temps son mal-être.
La vérité recule. L’esprit ne commande plus. Les cartes en main défilent, comme le temps ; vite, sans qu'elle ne s'en rende réellement compte. L’aiguille se déplace, la nargue. Et l’esprit revient peu à peu. D’abord par à-coups, flash sur un passé heureux. Puis les questions reviennent. A quoi lui sert la vie ?
Aucune réponse ne vient. Seule solution, fumer pour oublier. Encore plus, plus vite, plus fort. Que la morosité disparaisse, que le temps passe vite. Qu’enfin elle s’endorme, que son cerveau décroche.
Elle tire et tire encore plus fort, mais la sensation de bien-être a disparue. Elle est seule à présent avec la vérité. Obligée d’accepter ce mot.
Dépression.
Pulsions
Lui, son corps à côté de moi. Un homme. Fort et déterminé ; il me regarde, me supplie d’arrêter de respirer. Souffle chaud et rapide, du miel dans la bouche. Il me regarde de ses yeux remplis de désir. Et ma main va là où il faut. Ma bouche se colle à la sienne, langues qui s’entremêlent, miel dans la bouche.
Et le manège recommence ; il se colle à moi, passe sa main sur mes seins, va se coller d’instinct au creux de mes reins, me met la pression. Et sa force, tout contre moi, sans oser. Son bras qui m’enserre, me met à sa convenance. Ma bouche dans son cou. La pression mont d’un cran, moi sur lui ; puis lui sur moi, s’attardant. Me suppliant d’arrêter… Son bassin bouge tout seul, il s’attarde à l’entrée ; sa tête au creux de mon cou. Le vide est inssupportable. Vertige de l’interdit.
Puis il s’arrête, se recouche sur le côté. Je crêve de ce qu’il ne me fait pas. Une obsession : le sentir en moi, qu’il m’ouvre le ventre une fois pour toutes…Nos souffles enchaînés ; son corps m’appelle encore, se tordant de douleur.
Et le manège recommence. Il se colle à moi plus fort que jamais. Ses doigts de plus en plus directs. Sa bouche qui cherche la mienne ; je me love contre lui ; mes jambes se lèvent, mon ventre prêt à l’acceuillir, mon bassin le cherchant ; lui s’avançant jusqu’à l’entrée. Jouissance en pensant au ieu où je veux l’emmener. Il hésite et recule. S’écarte comme on s’écarterait d’un temple maudit.
Et revient, violemment. Me plaque au lit. Mon bassin se lève, l’accompagne ; le rythme s’arrête net, comme pour profiter de l’instant. Tout doucement, il glisse en moi. Jouissance du moment plus intense que jamais. Il va doucement comme pour se pardonner ce qu’il est en train de faire ; mouvement juste pour le calmer. Le plaisir le démange. Il renie son hatitude et s’écarte à nouveau.
Un mètre de distance, douleur du manque au fond de mon ventre. Un truc qui se brise dès qu’il s’éloigne. Je me tords de douleur. Il e regarde et le manège recommence. Soulagement, il entre en moi. Révélations de mon corps au sien. Le ventre s’apaise de lui. Son bassin rapide ; mes jambes qui l’enserrent pour ne pas qu’il me quitte.
Je sens la pression qui le lâche au creux de mon ventre. Un temps de repos après le choc. Encore prêt à hurler notre accord.
Le temps se suspend jusqu’à cet instant ; il pose les main sur son front. Réaction lente, sortie de coma.
Il a cédé. Il a manqué de force, s’en veux maintenant.
Pulsions contre conscience
Climbing up the walls
La première note retentie, électrique et bleue. Ma tête se projette en arrière, mes yeux se mouillent. La mélodie du bonheur, un bonheur triste comme mélancolie des instants passés. La mélodie m’entraîne vers le fond de mes souvenirs. Je revois les visages de ceux que j’aime, leurs visages souriants.
Les moments repassent devant mes yeux. Bande son bleue et sourde. Les rires, les joies. Les pleurs et les peines. Tant de partage depuis ces années. De l’amitié en concentré. Mon énergie vitale ; l’amour que je leur donne.
Peu importe ce qu’ils deviennent, je serai là. Comme une ombre ou une lumière, à veiller à leur bonheur, où éclairer leurs joies. Malgré les cris et les larmes, toujours là. Présente jusqu’à la croix.
Un sourire, un bruit, une parole et j’accoutrerais. Aussi longtemps que j’en aurais la force. Aussi longtemps que je vivrai. Les réconfortant dans les moments de tristesse ; les faisant rire les jours normaux. Ecoutant ce que leurs cœurs veulent bien me dire.
Je pourrais me noyer dans l’océan de leurs larmes pour mieux les sauver. Une évidence dans le refrain ; je serai à, quoique tu fasses, je serai là.
Je me rappelle les bons moments, fous rires et paris fous. Matins, midis et soirs ; à n’importe quel moment, trouver le truc, déchiffrer leurs regards. Toujours l’affût d’un bon moment à partager, eux et moi, mettant les voiles vers notre monde ; rires et joies. Symbioses de nos idées à cet instant.
De leurs yeux, réussir à lire dans mon regard la vérité. Expliquer et partager mes pensées les plus folles, mes secrets les plus intimes. Les faire entrer dans mon mode, celui que je cache depuis des années. Le dévoiler en toute confiance ; mes deux faces, mon intimité.
Ils seront toujours là pour moi, je le sais. Ils m’acceptent comme je suis.
Ecoutez mon cœur battre. Il bât si fort ; plus fort que pour un homme. Plus fort que dans le passé ; nouveau sentiment transcendant et fondamental, plus fort que l’amour.
Et bientôt je tiendrai leurs enfants de mes mains. Les couvrant de baiser et d’attentions ; Comme le résumé de leur bonheur. En faire partie de tout mon corps. Et malgré les maladies, la distance, les épreuves et le temps, je serai là. A partager leurs vies. I’ll be there.
Comme une consécration, une découverte fondamentale ; un grand écran de lumière douce devant mes yeux ; la réalité m’apparaît : vous êtes l’oxygène de ma vie.
Pour M. C. et H.